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Personality Poker

  • Résumé rédigé par : Chris Taylor

« Généralement, ce n’est pas en raison de problèmes techniques qu’une innovation échoue, mais à cause d’une résistance au sein et en dehors de l’organisation. »

- Personality Poker, page 182

En recevant mon exemplaire de Personality Poker, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Après tout, il s’agissait de mon premier livre de développement personnel ou d’entreprise qu’un jeu de cartes accompagnait. Mais au bout de la dixième page, j’étais conquis. Le livre désormais terminé, je suis ravi de pouvoir dire que l’auteur, Stephen M. Shapiro, a conçu un produit qui incorpore simultanément synergie des équipes, innovation, stratégie et divertissement. De plus, étant moi-même un joueur de poker invétéré (et un passionné des jeux en général), le concept de Shapiro me plaît énormément.

En voici la teneur : sur le plan personnel comme professionnel, nous disposons tous d’aptitudes naturelles et d’atouts différents. Nous le savons bien, car c’est un sujet largement étudié et couvert par de nombreuses éminences littéraires, telles que Marcus BuckinghamSir Ken Robinson et bien d’autres. Dans Personality Poker, Stephen Shapiro classe ces atouts en quatre « couleurs » :

Pique : les cerveaux analytiques, axés sur l’analyse de données

Trèfle : les individus orientés vers la structure et l’action

Cœur : les individus pour lesquels le « qui » et les relations humaines priment

Carreau : les individus « créatifs », qui aiment les idées et expériences nouvelles

À l’exception du stratagème consistant à associer les couleurs des cartes à quatre catégories élargies des penchants humains, il n’y a là rien de bien nouveau. Mais comme tous les excellents outils, sous la surface, celui-ci est à la fois profond et élaboré. Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est que Shapiro a transformé l’évaluation (de nos collègues et de nous-mêmes) en un jeu amusant, facile à apprendre et à jouer. Ensuite, afin de permettre l’application concrète des enseignements du jeu, il a mis au point des techniques pour mettre à profit les atouts des individus de nos équipes en vue d’instaurer une culture de l’innovation durable.

 

The Big Idea

The Big Idea: The biggest takeaway from the book

Avoir toutes les cartes en main

"« N’oubliez pas qu’en tout premier lieu, vous découvrirez votre style d’innovation, c’est-à-dire la manière dont vous contribuez le plus efficacement à l’innovation, et celle dont vous l’occultez parfois. »"
- Personality Poker, page 8

Dans le monde de l’entreprise, le terme innovation est devenu le maître mot du XXIe siècle. Avec l’augmentation massive et récente de la concurrence et de la variété des services et produits proposés, les entreprises sont contraintes d’innover et de se développer plus rapidement que jamais. Nous partons souvent du principe qu’« innovation » est un terme réservé aux plus créatifs d’entre nous, ceux dont les idées géniales catapultent nos entreprises vers les sommets. Ce que nous rappelle Personality Poker, c’est que la production d’idées ne constitue qu’une étape du processus d’innovation. Nous avons tous en tête des exemples d’idées brillantes qui sont tombées à l’eau. Comme le souligne Shapiro à la page 5 de Personality Poker, la véritable innovation exige (a) un problème défini, (b) la création et la sélection de solutions, (c) une planification détaillée et une exécution habile, et pour finir (d) l’implication et l’adhésion du personnel, des clients et des fournisseurs. Une innovation réelle et durable exige la participation des quatre types de personnalités. Il suffit de savoir quand et comment faire le meilleur usage de chacun d’entre eux. C’est précisément ce que vous enseigne Personality Poker, avec le jeu de cartes pour tremplin vers des échanges et une réflexion sur l’innovation. Les pépites suivantes résument deux éléments du livre destinés à vous faire réfléchir :

Insight #1

An actionable way to implement the Big Idea into your life

Réflexion « en ligne continue » contre réflexion « en pointillés »

"« La réflexion “en ligne continue” consiste à établir des ponts là où il n’y en avait généralement pas jusqu’ici. »"
- Personality Poker, page 167

Les « cartes rouges » et les « cartes noires », ainsi que le lien qu’elles présentent avec notre manière de penser, sont l’un des thèmes majeurs du jeu de cartes qui accompagne le livre. Les individus qui s’identifient de façon plus marquée aux cartes noires (pique et trèfle) sont souvent des penseurs convergents (convergent thinkers), ce qui signifie qu’ils préfèrent partir de plusieurs possibilités pour n’en sélectionner qu’une, au moyen de faits et de données, ou d’un processus opérationnel. Stephen Shapiro qualifie cette méthode de « réflexion en pointillés » (dot thinking), qui consiste à approfondir une idée particulière pour en comprendre tous les détails. Les individus qui correspondent davantage aux cartes rouges (cœur et carreau) sont généralement des penseurs divergents (divergent thinkers); ils préfèrent « relier les pointillés » et développer les idées, débouchant souvent sur des concepts complètement différents. Nous appelons ceci la « réflexion en ligne continue » (à ne pas confondre avec la pensée linéaire), car ces individus s’épanouissent en reliant plusieurs idées et en « ratissant aussi large que possible », sans se soucier des détails.

Il est important de garder à l’esprit qu’aucun type de réflexion n’est « supérieur » à l’autre. Il est vrai que ceux qui pensent en ligne continue provoquent souvent la frustration de ceux qui réfléchissent en pointillés (et vice-versa), car leur approche des situations diffère fondamentalement. Exploiter ces compétences individuelles particulières au moment opportun dans le processus d’innovation apporte une réelle valeur ajoutée à l’équipe ou à l’entreprise. C’est la combinaison et l’intégration de ces deux types de réflexion qui mène à l’innovation durable. Et pour autant que j’ai pu le constater, c’est l’alternance des deux styles qui conduit à la croissance la plus fluide et florissante. Voici que je veux dire :

  • définir le problème: idéal pour les individus qui réfléchissent en pointillés, pour identifier le problème en question (convergence);
  • générer des solutions: idéal pour les individus qui réfléchissent en ligne continue, pour se livrer à un remue-méninges et trouver des solutions qui n’existent pas encore (divergence);
  • planifier et exécuter: idéal pour les individus qui réfléchissent en pointillés, pour définir et structurer le processus (convergence);
  • impliquer et susciter l’adhésion: idéal pour les individus qui réfléchissent en ligne continue, pour communiquer le changement à leurs interlocuteurs de façon personnalisée (divergence).

Où vous situez-vous dans ce processus? Votre style est-il mis efficacement à profit? Utilisez-vous les atouts de votre équipe de la façon la plus pertinente?

Insight #2

An actionable way to implement the Big Idea into your life

Quel est le contexte?

"« Ce qui compte, ce n’est pas la tâche en soi, mais sa structure. »"
- Personality Poker, page 138

À la seconde moitié du livre, Stephen Shapiro livre une fascinante étude de cas dans laquelle, pour résoudre un problème donné, les participants d’une formation sur le leadership se voient confier l’un des deux rôles suivants : celui de « concepteur », ou celui de « bâtisseur ». (pages 136 à 139) Trois équipes sont formées :

  • La première réunit des individus réfléchissant en ligne continue (divergents) dans le rôle des concepteurs, tandis que les individus réfléchissant en pointillés (convergents) adoptent celui des bâtisseurs.
  • Dans la seconde, les individus réfléchissant en pointillés occupent le rôle des concepteurs, et les individus réfléchissant en ligne continue celui des bâtisseurs.
  • Dans la troisième, les rôles sont mélangés.

À la lueur de ce que nous venons d’évoquer dans cet article, on pourrait supposer que la première équipe (celle des individus qui réfléchissent en ligne continue dans le rôle des concepteurs) a été la plus performante. Après tout, ces individus excellent à produire des idées, tandis que ceux qui réfléchissent en pointillés s’épanouissent davantage en essayant de trouver le meilleur moyen de concrétiser ces idées. En réalité, c’est l’inverse qui s’est produit, et ce, pour une raison : les règles.

Dans le cadre du problème qu’ils devaient résoudre, les concepteurs devaient respecter sept règles, tandis qu’aucune n’était imposée aux bâtisseurs. Or, il s’avère que les règles et les restrictions sont un meilleur indicateur du type de réflexion le mieux adapté à un rôle particulier que le rôle lui-même. Quelle que soit la tâche, les tenants de la réflexion en ligne continue (divergente) étaient plus épanouis (et plus productifs) quand aucune règle ne venait les entraver. Quant aux tenants de la réflexion en pointillés (convergente), ils réussissaient mieux dans les limites de règles pré-établies.

Avant de partir du principe que vous (ou un membre de votre équipe) seriez parfait dans un certain rôle en ne basant votre hypothèse que sur la « nature de la tâche », approfondissez la question pour mieux comprendre le contexte de cette tâche. S’agit-il d’un travail solitaire ou collectif? Est-il bien encadré ou offre-t-il une grande liberté de manœuvre? Ces deux facteurs à eux seuls peuvent avoir un impact considérable pour déterminer qui s’épanouira et qui sera malheureux.

Personality Poker est un ouvrage que j’aime énormément. L’auteur allie réflexions divertissantes et profondes avec beaucoup de talent. Que l’on y joue entre amis, entre collègues ou seul, le jeu et le livre qui l’accompagne livrent un point de vue passionnant sur notre personnalité et ce qui peut nous rendre plus heureux (et innovants!) dans notre travail et notre vie personnelle.

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